Nadège Bongouandé, architecte discrète de la mobilisation des ressources en Afrique centrale

Dans les arcanes souvent peu visibles des banques de développement, certaines femmes jouent un rôle déterminant dans la transformation économique du continent. Nadège Bongouandé fait partie de ces profils clés. À la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC), elle œuvre depuis plus de deux décennies à structurer, sécuriser et mobiliser les ressources nécessaires au financement des ambitions régionales.

Une trajectoire construite dans la durée

Entrée à la BDEAC au début des années 2000, Nadège Bongouandé a grandi avec l’institution. Cette longévité n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une progression patiente, fondée sur la maîtrise des mécanismes budgétaires, financiers et administratifs.
D’abord cadre supérieure, puis cheffe de division en charge du budget, des ressources humaines et de la trésorerie, elle acquiert très tôt une vision transversale de la banque. Ces fonctions stratégiques lui permettent de comprendre en profondeur les équilibres internes indispensables à la crédibilité d’une institution financière régionale.

Représenter la banque sur le terrain

Au-delà des fonctions centrales, Nadège Bongouandé est aussi une femme de terrain. Entre 2016 et 2022, elle représente la BDEAC successivement en République centrafricaine puis en Guinée équatoriale.
Ces missions de représentation exigent diplomatie, rigueur et capacité d’adaptation à des contextes économiques et politiques variés. Sur place, elle incarne l’institution, dialogue avec les autorités nationales, suit les projets financés et contribue à renforcer la présence et l’impact de la banque dans des environnements parfois fragiles.

La mobilisation des ressources comme cœur de mission

Depuis 2023, Nadège Bongouandé occupe le poste de Directrice de la Mobilisation des Ressources à la BDEAC, après avoir assuré cette fonction en tant que conseillère. À ce niveau, son rôle est central.
Mobiliser des ressources, ce n’est pas seulement lever des fonds. C’est bâtir la confiance avec les partenaires financiers, structurer des instruments adaptés, sécuriser des financements durables et aligner les ressources avec les priorités de développement de la sous-région. Dans un contexte international marqué par la concurrence des capitaux et les exigences accrues de transparence, cette mission devient un enjeu stratégique majeur.

Une expertise au service du développement régional

À travers ses responsabilités, Nadège Bongouandé contribue directement au financement des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et des projets structurants en Afrique centrale. Son travail, souvent invisible du grand public, conditionne pourtant la capacité des États à transformer leurs économies et à renforcer leur souveraineté financière.
Elle incarne une approche rigoureuse de la finance publique et parapublique, où la discipline budgétaire et la crédibilité institutionnelle sont des préalables à tout impact durable.

Leadership féminin dans la finance institutionnelle

Dans un univers historiquement masculin, Nadège Bongouandé impose un leadership fondé sur la compétence, la constance et la maîtrise des dossiers. Son parcours démontre que les femmes africaines occupent déjà des positions stratégiques dans la finance du développement, même si leur visibilité reste limitée.
Elle appartient à cette génération de dirigeantes qui transforment les institutions de l’intérieur, sans bruit, mais avec efficacité.

Ce que son parcours raconte

À travers plus de vingt ans d’engagement à la BDEAC, Nadège Bongouandé rappelle que le développement du continent repose aussi sur des profils techniques solides, capables de penser le long terme. Elle illustre l’importance de la continuité, de la connaissance fine des institutions africaines et de la confiance construite dans le temps.

Christian Bardot

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