Au Palais des Sports de Yaoundé, lors de la 6e édition du Forum des Femmes Professionnelles organisé dans le cadre du 23e Congrès international de la WAEA, la voix de Miss Petunia, venue d’Afrique du Sud, a marqué les esprits.
Son message est sans ambiguïté : les femmes ne doivent plus être considérées comme une option dans les politiques de l’eau et de l’assainissement. Elles doivent en être des actrices centrales.
L’eau comme nécessité vitale, les femmes en première ligne
« Water is life and sanitation is dignity », rappelle-t-elle, reprenant une expression forte utilisée en Afrique du Sud. Derrière cette formule se cache une réalité concrète : dans de nombreuses communautés africaines, ce sont les femmes qui portent la responsabilité quotidienne de l’accès à l’eau.
Elles gèrent l’eau au sein des foyers, veillent à l’hygiène, s’occupent des enfants, soutiennent les familles. Pourtant, leur présence reste encore insuffisante dans les sphères décisionnelles où se définissent les politiques publiques.
Pour Miss Petunia, il est impératif que les femmes participent pleinement aux discussions gouvernementales et aux instances stratégiques. Leur expérience de terrain constitue une expertise précieuse pour construire des politiques efficaces et adaptées aux réalités locales.
Partager les expériences pour bâtir des solutions africaines
Le forum a également permis de mettre en lumière l’importance du partage d’expériences entre pays africains. Selon elle, la coopération continentale est un levier majeur.
En échangeant sur les réussites, les défis et les stratégies mises en place dans différents contextes nationaux, les professionnelles du secteur peuvent s’inspirer mutuellement et accélérer les progrès.
L’Afrique ne manque pas de compétences. Elle a besoin de collaboration structurée et de réseaux solides pour transformer ces compétences en impact durable.
Mettre les femmes au premier plan, sans exclusion
Pour Miss Petunia, l’ambition est claire : les femmes doivent être placées à l’avant-garde du leadership dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement. Ce positionnement ne doit pas relever du symbolique, mais d’une volonté politique assumée.
Elle insiste toutefois sur un point d’équilibre essentiel : promouvoir la fille ne signifie pas exclure le garçon. L’éducation inclusive reste fondamentale pour construire des sociétés équilibrées et résilientes.
Soutenir la jeune fille dans son parcours scolaire, universitaire et professionnel est une priorité. Mais intégrer les jeunes garçons dans cette dynamique est tout aussi stratégique pour bâtir un développement harmonieux.
Les communautés rurales au centre des priorités
Un autre axe majeur de son intervention concerne les zones rurales. Dans ces territoires, les défis liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont encore plus marqués.
Les femmes y ressentent fortement le poids des insuffisances infrastructurelles. Elles parcourent parfois de longues distances pour s’approvisionner en eau, ce qui limite leur temps disponible pour l’éducation, l’entrepreneuriat ou la participation à la vie publique.
Renforcer la présence féminine dans les politiques WASH, c’est aussi répondre directement aux besoins des communautés rurales.
Autonomisation économique et transformation structurelle
Au-delà des infrastructures, Miss Petunia place l’autonomisation économique au cœur de la transformation.
L’accès à l’eau et à l’assainissement n’est pas uniquement une question sociale. C’est un enjeu économique. Une femme autonome financièrement peut investir dans son foyer, dans l’éducation de ses enfants, dans l’économie locale.
Pour elle, renforcer les capacités des femmes et des jeunes, leur donner accès à des opportunités économiques et à des postes de leadership, contribue à solidifier l’économie africaine dans son ensemble.
Une vision pour l’Afrique
Au terme du forum, son attente est claire : voir les femmes intégrées de manière systématique dans les espaces de décision liés à l’eau et à l’assainissement.
Pas comme une formalité.
Pas comme un quota symbolique.
Mais comme une nécessité stratégique.
Car garantir l’accès à l’eau et à la dignité, c’est garantir les bases du développement. Et pour y parvenir, l’Afrique ne peut se permettre de laisser ses femmes en marge des décisions.
Christian Bardot
