Larissa, pâtissière de l’ombre : quand les gâteaux naissent pendant que la ville dort

Derrière chaque gâteau commandé sur WhatsApp, il y a une organisation précise, du stress silencieux et beaucoup de nuits blanches. Larissa est pâtissière. Elle travaille souvent seule, à distance, entre messages, Orange Money et four allumé à des heures où la plupart dorment. Son quotidien raconte une autre réalité de l’entrepreneuriat féminin.

Du premier message à la livraison

Tout commence par un message. Quand un client écrit, Larissa demande d’abord ce qu’il veut exactement. Un gâteau pour un homme ou pour une femme. Une occasion précise.
Ensuite, elle envoie les photos de ses modèles. Le client choisit. Elle annonce le prix. S’il est intéressé, il effectue le paiement via Orange Money. Une fois le paiement reçu, elle lance la commande.
Quand le gâteau est prêt, elle prévient le client. Soit il vient le récupérer, soit elle organise la livraison. Simple en apparence. Exigeant en réalité.

Le stress que les clients ne voient pas

Ce qui la stresse le plus, ce ne sont pas les gâteaux. Ce sont les promesses non tenues.
Certains clients disent qu’ils vont envoyer l’Orange Money, parfois pour une commande prévue plusieurs jours plus tard. Elle attend. Elle ne peut pas commencer sans avance, parce qu’il faut acheter les ingrédients. Mais le paiement n’arrive pas.
Il y a aussi les clients qui écrivent trop, qui dérangent, qui hésitent sans cesse. Cette pression, invisible pour le client, pèse lourd sur l’organisation et l’énergie.

Travailler quand les autres pensent que tu te reposes

Le moment où Larissa travaille le plus, c’est la nuit.
Elle prépare ses génoises et ses crèmes pendant que la ville est calme, souvent parce que l’électricité est instable en journée. La nuit lui permet d’anticiper, de gagner du temps et de sécuriser sa production.
Ses périodes les plus chargées commencent le jeudi et s’étendent jusqu’au dimanche. Ce sont les jours où les commandes affluent, alors que beaucoup pensent qu’elle ne travaille pas encore.

Quand on dit que c’est trop cher

Lorsqu’un client trouve ses prix élevés, cela la touche. D’autant plus qu’elle estime ses tarifs accessibles.
Dans ces cas-là, elle essaie de comprendre ce que le client est prêt à payer. Si le prix proposé ne couvre pas son travail ou ses coûts, elle préfère refuser la commande. Pour elle, mieux vaut ne pas travailler que livrer quelque chose qui ne plaira pas ou qui la mettrait en difficulté.

Ce que le métier lui a appris sur les gens

Ce travail lui a appris la comparaison constante.
Certains clients reviennent avec des prix vus ailleurs, sans prendre en compte que chaque pâtissier travaille différemment. Les matériaux, la qualité, le temps, l’énergie ne sont pas les mêmes.
Elle a appris qu’il faut être compréhensive, mais aussi ferme. Expliquer, parfois accepter, parfois refuser.

Le message de Larissa aux femmes

À travers ce métier, Larissa a compris une chose essentielle qu’elle tient à partager avec les femmes : il faut apprendre à se respecter dans ce que l’on fait.
Elle rappelle que vouloir plaire à tout le monde peut épuiser, faire perdre de l’argent et de la confiance en soi. Elle encourage les femmes à ne pas avoir peur de dire non, à fixer leurs prix avec honnêteté et à ne pas se comparer constamment aux autres.
Chaque femme travaille avec ses moyens, son rythme, son matériel, son énergie. L’important est de connaître sa valeur, de rester patiente et de ne pas abandonner parce que les autres minimisent ou négocient excessivement. Selon elle, entreprendre, c’est aussi apprendre à se protéger.

LARISSA

Ces femmes qui bâtissent dans le silence

Larissa ne fait pas que des gâteaux. Elle gère des commandes, des clients, des délais, de l’électricité instable et une pression constante pour satisfaire.
Son travail se fait souvent la nuit, dans le silence, loin des vitrines et des projecteurs. Comme beaucoup de femmes entrepreneures, elle construit patiemment, commande après commande, sans reconnaissance immédiate.

Christian Bardot

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