Huguette Bokpe Gnacadja, le droit comme arme de justice et bouclier des femmes

Certaines femmes plaident des dossiers. D’autres défendent des causes. Huguette Bokpe Gnacadja fait les deux depuis près de trois décennies. Avocate internationale, militante des droits humains et aujourd’hui Présidente de l’Institut National de la Femme au Bénin, elle incarne une génération de juristes africaines pour qui le droit n’est pas seulement une profession, mais un engagement.

Son parcours est celui d’une femme qui a choisi de transformer la loi en levier de protection, de réparation et de transformation sociale.

À la tête de l’Institut National de la Femme, protéger et agir

Depuis mars 2023, elle préside l’Institut National de la Femme à Cotonou. Dans un contexte où les violences basées sur le genre et les inégalités persistent, sa mission dépasse l’administratif. Elle consiste à faire du cadre légal un outil concret de protection.

À la tête d’une structure stratégique, épaulée par une équipe resserrée, elle pilote des actions en faveur des droits des femmes, de la prise en charge des victimes de violences et du renforcement de la participation féminine à la vie publique. Son leadership repose sur une conviction forte : les textes existent, encore faut-il les faire appliquer.

Une avocate internationale, au croisement du local et du global

Depuis 1997, Huguette Bokpe Gnacadja dirige son propre cabinet bilingue à Cotonou. Avocate internationale senior, elle intervient aussi bien en droit des affaires qu’en droit civil, pénal, administratif, social ou familial. Son expertise s’étend aux droits humains et aux libertés fondamentales.

Elle accompagne des particuliers comme des entreprises, défend devant les juridictions nationales et internationales, et participe à des médiations procédurales ou conventionnelles. Cette capacité à naviguer entre droit commercial et litiges stratégiques en matière de droits humains fait d’elle une juriste complète, à la fois technique et engagée.

Le combat pour les droits humains et l’égalité

Au-delà du contentieux classique, son parcours montre un investissement profond dans la défense des femmes et des personnes vulnérables. Assistance stratégique devant les mécanismes judiciaires et quasi-judiciaires régionaux et internationaux, consultations en droits humains et genre, accompagnement des victimes de violences basées sur le genre, plaidoyer pour la participation politique des femmes : son action dépasse largement le simple exercice du métier.

Chez elle, le droit est un outil d’émancipation. Il devient un espace où les injustices peuvent être contestées, où la dignité peut être restaurée.

Une formation solide, entre Afrique et France

Son parcours académique commence entre Lomé et Cotonou, avec un Master en droit des affaires, complété par une formation professionnelle d’avocat. Elle effectue également un stage à l’École Nationale du Barreau de Paris, renforçant son exposition aux standards juridiques internationaux.

Cette double culture, africaine et européenne, nourrit une pratique juridique ouverte, stratégique et rigoureuse.

Une voix qui rappelle que la loi doit protéger les plus vulnérables

Dans les sociétés africaines contemporaines, où les mutations économiques et sociales sont rapides, le rôle des juristes engagées est essentiel. Huguette Bokpe Gnacadja incarne cette figure de la femme qui maîtrise les textes, comprend les mécanismes institutionnels et choisit de les mettre au service des autres.

Son parcours rappelle que la justice n’est pas abstraite. Elle se construit à travers des dossiers, des plaidoiries, des décisions, mais aussi à travers une posture : celle de ne jamais détourner le regard face aux violations des droits.

Ce que son parcours inspire

Elle prouve qu’une femme peut être à la fois avocate d’affaires, défenseure des droits humains et dirigeante institutionnelle. Elle montre qu’on peut conjuguer expertise technique et engagement social sans renoncer à l’excellence.

Huguette Bokpe Gnacadja appartient à ces femmes africaines qui ne se contentent pas de commenter les injustices. Elles les affrontent, dossier en main.

Christian Bardot

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