Autonomisation des femmes dans le secteur de l’eau : l’exemple inspirant de la SOMAGEP au Mali

Lors du Forum des femmes professionnelles organisé en marge du congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, l’intervention de la représentante malienne a particulièrement marqué les esprits. À travers un partage d’expérience concret, elle a mis en lumière les initiatives engagées par la SOMAGEP pour renforcer le leadership féminin et favoriser l’accès des femmes aux postes décisionnels dans la gestion de l’eau.

Un leadership féminin assumé au sommet de la gouvernance

Au cœur de cette dynamique se trouve la Directrice Générale de la SOMAGEP, Madame Boucoum Fatoumata Siragata Traoré. Sa nomination à la tête de l’institution a constitué un tournant majeur. Selon l’intervenante, la présence d’une femme au plus haut niveau décisionnel a permis d’impulser une véritable transformation interne.

Cette année, cinq femmes ont été promues à des postes de chefs de département. Une avancée significative qui illustre l’impact direct d’un leadership féminin engagé. Lorsque les femmes accèdent aux plus hautes responsabilités, le changement devient tangible, tant dans la culture organisationnelle que dans les pratiques de gestion.

Former pour renforcer les capacités

Au-delà des nominations, la SOMAGEP a mis en place un programme structuré de renforcement des capacités. Cinq ateliers de formation ont été organisés à l’attention des femmes professionnelles de l’entreprise. Les thématiques abordées sont variées et stratégiques : leadership, prise de parole en public, compréhension du concept genre et renforcement des compétences techniques.

Ces formations visent à outiller les femmes pour qu’elles puissent évoluer dans un environnement exigeant, souvent dominé par des profils masculins, et s’affirmer pleinement dans les espaces de décision.

Miser sur le mentorat pour préparer la relève

L’initiative ne s’arrête pas aux professionnelles déjà en poste. Une session de mentorat a également été lancée entre des jeunes filles ingénieures de l’École Nationale d’Ingénieurs du Mali et les femmes ingénieures de la SOMAGEP.

Ce programme crée un pont entre la formation académique et l’expérience terrain. Il permet aux étudiantes de bénéficier d’un accompagnement concret, d’un partage d’expériences et d’un modèle d’identification. En renforçant la confiance et les compétences des jeunes ingénieures, la SOMAGEP contribue à construire une relève féminine solide dans le secteur de l’eau.

Quand la promotion des femmes devient levier de performance

L’expérience malienne démontre que la promotion des femmes ne relève pas uniquement d’un principe d’équité, mais constitue un véritable levier de performance institutionnelle.

Les femmes peuvent apporter des changements positifs dans la gestion de l’eau, améliorer la qualité des services et contribuer au bien-être des populations. Leur implication accrue dans les postes décisionnels permet une approche plus inclusive et souvent plus durable des politiques publiques liées à l’eau et à l’assainissement.

L’appel lancé aux gouvernants est clair : investir dans le leadership féminin et nommer davantage de femmes aux postes stratégiques n’est pas un geste symbolique, mais un choix stratégique pour le développement.

Briser la barrière éducative

Malgré ces avancées, un obstacle demeure : le niveau d’éducation et l’accès aux formations supérieures spécialisées. L’intervenante a proposé la mise en place d’un programme de bourses de formation doctorale ou de Masters spécialisés, soutenu par des institutions telles que l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement.

L’objectif est de lever les freins structurels qui limitent encore l’accès des femmes aux qualifications les plus élevées. En renforçant leur niveau académique, les femmes pourront accéder plus facilement aux postes techniques de haut niveau et aux fonctions stratégiques.

Briser la chaîne des inégalités éducatives constitue une étape essentielle pour consolider les acquis et amplifier l’impact des femmes dans la gestion de l’eau.

Un modèle à reproduire

L’exemple de la SOMAGEP montre qu’une volonté politique claire, combinée à des actions concrètes de formation, de mentorat et de promotion interne, peut produire des résultats rapides et mesurables.

Il ne s’agit plus seulement de parler de l’intégration des femmes dans le secteur WASH, mais de démontrer, par des initiatives structurées, que leur leadership transforme les institutions et renforce la qualité des services publics.

L’expérience malienne rappelle une évidence stratégique : lorsque les femmes sont soutenues, formées et promues, c’est toute la gouvernance de l’eau qui gagne en efficacité et en impact.

Christian Bardot

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