Au Palais des Congrès de Yaoundé, en marge du congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, s’est tenu le 6e Forum des femmes professionnelles. Un espace stratégique où les femmes du secteur de l’eau, de l’énergie, de l’environnement et de l’assainissement se sont réunies pour réfléchir à leur place dans les sphères décisionnelles et à l’impact des réseaux féminins dans les secteurs techniques.
Parmi les voix marquantes de cette rencontre, Carole Tonkeu a rappelé un point central : le leadership féminin ne relève plus d’un plaidoyer défensif, mais d’une dynamique proactive.
Un forum au cœur des enjeux techniques africains
Le Forum des femmes professionnelles ne constitue pas un événement périphérique du congrès. Il s’inscrit pleinement dans les réflexions stratégiques sur l’avenir du secteur WASH, qui regroupe les enjeux liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène.
Il rassemble des femmes expertes, ingénieures, gestionnaires et décideuses issues de plusieurs pays africains. Ensemble, elles abordent les opportunités dans les métiers techniques, les freins structurels à l’ascension professionnelle et les leviers permettant d’accéder à davantage de responsabilités décisionnelles au sein des institutions et des entreprises.
L’objectif est clair : renforcer la participation des femmes dans les processus de décision et dans les postes à haute responsabilité dans des secteurs stratégiques pour le développement du continent.
Du statut de victime à celui d’actrice de solutions
L’un des messages forts de cette édition a été la volonté affirmée de dépasser une posture victimaire. Les discussions ont mis en lumière une approche centrée sur l’action et la contribution concrète des femmes dans les secteurs techniques.
Il ne s’agit plus uniquement de dénoncer les inégalités, mais de démontrer la valeur ajoutée et l’expertise féminine dans des domaines essentiels à la transformation des territoires. Les participantes ont insisté sur leur rôle de propulseurs de solutions dans des environnements où les défis sont nombreux et les besoins urgents.
Ce positionnement traduit une évolution significative du discours. Les femmes du secteur WASH ne revendiquent pas une place symbolique, elles affirment leur légitimité fondée sur la compétence, l’expérience et la capacité à produire des résultats.
La force stratégique des réseaux professionnels féminins
Au centre des échanges figure la question des réseaux. Carole Tonkeu a souligné l’importance de la coopération entre professionnelles pour créer un véritable levier d’influence.
Les réseaux permettent de mutualiser les expériences, de renforcer les compétences, de structurer des actions collectives et de formuler des recommandations solides. Dans des secteurs historiquement dominés par les hommes, cette mise en réseau devient un outil stratégique pour accélérer l’accès aux postes de décision et accroître la visibilité des expertises féminines.
La solidarité professionnelle ne se limite pas à un soutien moral. Elle constitue un mécanisme d’organisation, de plaidoyer et d’ambition partagée.
Une déclaration attendue et des engagements concrets
Au terme des discussions, les participantes ont travaillé à l’élaboration de recommandations fortes destinées à alimenter la Déclaration de Yaoundé issue du congrès.
L’enjeu est d’y inscrire clairement les problématiques liées au leadership féminin, à l’accès aux responsabilités et à l’intégration effective des femmes dans la gouvernance des secteurs de l’eau et de l’assainissement. L’ambition affichée est celle d’une présence féminine plus marquée dans les instances décisionnelles et d’une reconnaissance institutionnelle du rôle stratégique des femmes dans ces secteurs techniques.
Un tournant pour le leadership féminin africain
Le 6e Forum des femmes professionnelles ne s’est pas limité à un espace d’échange. Il marque une étape supplémentaire dans la structuration d’un leadership féminin africain dans les domaines techniques et environnementaux.
À Yaoundé, le message porté est clair. Les femmes ne demandent pas seulement à être incluses. Elles participent déjà activement à la transformation des secteurs stratégiques du continent et entendent peser davantage dans les décisions qui en dessinent l’avenir.
Christian Bardot


