Dans l’histoire des médias africains francophones, certaines trajectoires ne se racontent pas comme une simple suite de postes. Elles se racontent comme une époque. Denise Époté fait partie de ces femmes qui ont déplacé les frontières du possible, d’abord en brisant un plafond de verre symbolique au Cameroun, ensuite en installant durablement l’Afrique au centre de la conversation médiatique internationale.
1985, le moment où tout bascule au Cameroun
L’année 1985 marque un tournant. Sur la télévision publique camerounaise, elle devient la première femme à présenter le journal télévisé en français. Ce “premier” n’est pas une anecdote : à cette époque, l’antenne est un espace d’autorité et de légitimité, où la parole féminine est rare, scrutée, jugée. Denise Époté s’y impose par la maîtrise, la présence et la rigueur.
TV5MONDE, porter l’Afrique pendant plus de vingt ans
Au milieu des années 1990, sa trajectoire prend un virage international avec TV5MONDE. Elle rejoint la chaîne en 1994, puis devient Directrice Afrique quatre ans plus tard, un poste qu’elle occupera plus de deux décennies. Dans un univers où la distribution des chaînes, les partenariats, la visibilité et la stratégie sont décisifs, elle contribue à structurer la place de TV5MONDE sur le continent et à en faire une référence d’information et de débats pour des millions de téléspectateurs.
2022, la consécration stratégique au niveau du groupe
En janvier 2022, elle est nommée Directrice Distribution, Marketing et Commercialisation de TV5MONDE. Ce rôle, au cœur de la puissance d’un média mondial, dépasse la programmation : il touche l’accès, l’influence, la portée et la manière dont une chaîne existe concrètement dans la vie des publics.
“Et si… vous me disiez toute la vérité”, l’art de l’entretien sans détour
Denise Époté n’est pas seulement une dirigeante. Elle est aussi un style. Avec son émission “Et si… vous me disiez toute la vérité”, elle installe une signature : une rencontre courte, dense, où l’invité africain politique, économique ou culturel est amené à parler clair, à aller à l’essentiel, à assumer. Ce format a contribué à populariser une parole africaine exigeante, loin du folklore et des simplifications.
Une femme qui a ouvert la porte… et l’a tenue ouverte
Dans son parcours, l’excellence ne se limite pas à “réussir”. Elle consiste aussi à rendre la réussite possible pour d’autres. Denise Époté a été l’une des preuves vivantes qu’une femme africaine peut être à la fois visage d’antenne, décideuse stratégique et référence intellectuelle. Son héritage est là : dans les vocations qu’elle a déclenchées, les standards qu’elle a imposés, et cette idée simple qu’aucun espace de pouvoir n’est naturellement interdit aux femmes.
2026, une page se tourne, l’empreinte reste
Fin janvier 2026, plusieurs médias annoncent sa retraite, après plus de quatre décennies de journalisme et de présence médiatique internationale. Une retraite qui ressemble moins à un retrait qu’à un passage de témoin : ce que Denise Époté laisse, c’est une méthode, une hauteur de vue, et une exigence de vérité qui survivront à l’antenne.
Ce que Denise Époté dit de l’excellence féminine africaine
Elle incarne une forme d’excellence qui ne fait pas de bruit, mais qui change la structure même des possibles. Une excellence faite de discipline, de constance, de stratégie, et d’un sens aigu de la responsabilité. À l’échelle d’Ellegagne.com, Denise Époté n’est pas seulement une “grande journaliste”. Elle est un repère : celui d’une femme qui a porté l’Afrique sans la réduire, et qui a fait de sa carrière une preuve de dignité.
