Diane Audrey Ngako, l’art de “pivoter” pour bâtir des marques, des récits et de l’influence en Afrique

Diane Audrey Ngako fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas de “communiquer”. Elle construit des positions. Elle façonne des récits. Elle crée des espaces où l’Afrique se raconte autrement, par ses marques, ses institutions, ses talents et sa culture. Entre Douala, Cotonou et Yaoundé, son parcours dessine une même ligne : mettre la stratégie au service de l’impact, et l’influence au service de l’excellence.

JINFI, l’influence comme métier d’anticipation

Depuis avril 2023, elle est fondatrice et directrice générale de JINFI, un cabinet conseil spécialisé en stratégie d’influence et relations publics. Le nom n’est pas un hasard. En xhosa, JINFI signifie “pivoter”. Une philosophie entière : accompagner les dirigeant·e·s et les personnalités publiques en toute indépendance, en toutes circonstances, de la valorisation d’une image à la défense d’une réputation.
Sa méthode se résume en trois exigences qui font la différence dans les moments critiques : anticipation, réactivité, précision. Dans un continent où la réputation se gagne lentement et peut se perdre en une seule séquence, ce positionnement parle aux leaders qui ont compris que l’influence n’est pas une option, mais une responsabilité.

OMENKART, tenir les promesses faites aux marques

Bien avant JINFI, Diane Audrey Ngako avait déjà construit un terrain solide. Depuis 2017, elle dirige OMENKART, structure qui accompagne des entreprises et des marques dans leurs projets stratégiques, créatifs et opérationnels. Sa conviction est claire : une marque doit interagir avec des personnes, pas seulement des consommateurs. Elle doit apporter quelque chose d’utile, de pertinent et de vrai.
Ce qui distingue cette vision, c’est l’équilibre entre le beau et la performance. Créer sans perdre le sens du business. Exécuter sans perdre l’exigence du détail. Tenir les promesses. Dans un marché où beaucoup promettent et peu délivrent, cette discipline devient une signature.

Douala Digital Show, piloter un rendez-vous de transformation

Depuis mai 2019, elle occupe aussi le rôle de Managing Director du Douala Digital Show. À travers ce type d’initiative, elle s’inscrit dans un mouvement plus large : faire de l’innovation et du numérique un espace d’opportunités, d’éducation et de projection. Un événement n’est jamais seulement un événement. C’est une plateforme de rencontres, de récits, d’influence et d’accélération.

Douala Art Fair, structurer un marché, pas seulement une exposition

Pendant plusieurs années, elle a porté l’un des projets culturels les plus structurants au Cameroun : Douala Art Fair, dont elle est fondatrice et directrice. La foire a été pensée comme un point de rencontre entre les artistes, les Camerounais et le reste du monde, avec une approche singulière : mettre les artistes au centre, et contribuer à structurer un marché local trop longtemps absent ou peu visible.
Son discours sur l’art africain est lucide. Le boom de l’art africain n’a de sens que si les Africains eux-mêmes participent à ce marché, l’achètent, le portent, l’organisent. Autrement dit, il ne suffit pas d’être célébré ailleurs. Il faut être reconnu chez soi, et créer les conditions de cette reconnaissance.

Visiter l’Afrique, raconter le continent autrement

Avant la scène des cabinets et des foires, il y a eu l’écriture d’un récit : Visiter l’Afrique, plateforme numérique collaborative créée en 2014. L’idée est simple, mais puissante : laisser les voyageurs et les habitants raconter leur Afrique, leurs villes, leurs villages, leurs cultures, leurs bons plans. Un projet qui met le quotidien au centre, et redonne de la dignité aux récits locaux.
Cette démarche se prolonge avec l’édition du livre “They Call It Africa, we call it home”, une invitation à découvrir le continent par les arts, la culture et le voyage. C’est une autre manière de faire de l’influence : par l’esthétique, par la narration, par la fierté.

Du journalisme à l’entrepreneuriat, une même quête de vérité

Diane Audrey Ngako a aussi été chroniqueuse au Journal de l’Afrique sur TV5MONDE, où elle mettait en lumière une Afrique que les médias ne montrent pas toujours, notamment les startups et les initiatives créatives. Elle a également travaillé comme social media éditrice et journaliste, et a occupé des fonctions de rédaction en chef. Cette base journalistique explique beaucoup : la précision des mots, la compréhension des opinions publiques, et la capacité à écrire des récits qui tiennent.

Formation et reconnaissance, apprendre et se projeter

Son parcours de formation s’inscrit dans la communication et les médias, avec un BTS, puis un master en études de la communication et des médias. Elle est également Mandela Washington Fellow, avec un certificat en business et entrepreneuriat obtenu à l’Université du Nevada, Reno, complété par un certificat du Département d’État américain. Ces étapes confirment une logique de progression : se former, s’ouvrir, se structurer, puis bâtir.

Ce que son parcours inspire

Diane Audrey Ngako montre qu’en Afrique, l’influence n’est pas qu’une question d’audience. C’est une discipline. Une stratégie. Un travail de fond sur la réputation, les récits, les identités, les marchés et la valeur. Elle incarne aussi une leçon précieuse : savoir pivoter n’est pas changer de cap, c’est évoluer avec cohérence, sans perdre sa vision.

Christian Bardot

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