Dr Diaka Sidibé incarne une figure rare : celle d’une scientifique de haut niveau qui a fait le saut vers l’action publique sans perdre la rigueur du laboratoire. Son parcours relie les géosciences, la qualité de l’enseignement, la formation des talents et, désormais, le pilotage de l’industrie et des PME. En Guinée, où la transformation locale des ressources, l’industrialisation et l’emploi restent des priorités, sa trajectoire donne une lecture claire : la compétence peut devenir une stratégie d’État.
Ministère de l’Industrie et des PME, consolider l’ambition de transformation
Depuis juillet 2025, elle est Ministre de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises. Cette fonction la place au cœur d’un chantier structurant : faire grandir le tissu productif, renforcer la compétitivité, soutenir les PME et créer les conditions d’une industrialisation adaptée aux réalités locales. Dans un pays riche en ressources, l’enjeu n’est pas seulement d’extraire, mais de structurer des chaînes de valeur, d’élever les standards et d’accompagner les entrepreneurs vers la formalisation et la performance.
Commerce, industrie et PME, relier le marché à la production
Avant ce portefeuille, Dr Diaka Sidibé a exercé de mars 2024 à juillet 2025 comme Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises. Cette séquence a renforcé une dimension essentielle de son profil : penser l’industrie avec le marché. Le commerce, les règles de circulation, la disponibilité des produits, la capacité de production locale et la santé des PME sont des pièces d’un même puzzle. Sa trajectoire ministérielle montre une continuité : construire des passerelles entre la production et la consommation, entre les ambitions nationales et les contraintes du quotidien.
Enseignement supérieur, recherche et innovation, préparer les talents qui construiront le pays
De octobre 2021 à mars 2024, elle a été Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation. Ce passage est central pour comprendre sa logique : l’industrie ne se décrète pas, elle se prépare. Former des ingénieurs, structurer la recherche, encourager l’innovation, créer des liens entre universités et secteurs productifs, tout cela participe d’une même vision. Dans des économies africaines en transition, la souveraineté se joue aussi dans la capacité à produire des compétences localement et à retenir les talents.
Institut Supérieur des Mines et Géologie de Boké, diriger au plus près des réalités minières
Avant le gouvernement, Dr Diaka Sidibé a été Directrice générale de l’Institut Supérieur des Mines et Géologie de Boké de octobre 2019 à octobre 2021. L’ancrage à Boké est symbolique : c’est l’un des centres névralgiques des activités minières. Diriger une institution de formation dans ce contexte, c’est penser immédiatement l’employabilité, la qualité des compétences, la sécurité, la technique et l’adaptation aux besoins du terrain. C’est aussi mesurer, de l’intérieur, ce que signifie transformer des ressources en opportunités pour les communautés et pour la nation.
Qualité, formation et systèmes, la rigueur comme méthode
Entre août 2018 et octobre 2019, elle a été Chef de département Enseignement Technique et Formation Professionnelle à l’ANAQ-GN. Cette expérience souligne une autre force : la culture des standards. Évaluer, améliorer, structurer, assurer la qualité, ce sont des compétences déterminantes quand il s’agit de conduire des réformes durables. Dans les politiques publiques, la différence se fait souvent dans l’exécution. Son parcours montre une familiarité avec les mécanismes concrets qui rendent une réforme applicable.
Entrepreneuriat et transmission, garder le lien avec le terrain
Son engagement comme associée et responsable de formation au sein d’AgroGuineeLab, de janvier 2017 à octobre 2019, révèle une dimension complémentaire : la proximité avec l’écosystème, les besoins de formation, l’expérimentation, la pratique. Cette expérience apporte une lecture terrain utile à une ministre appelée à parler PME, innovation et compétitivité. Former, accompagner, structurer, ce sont des verbes qui traversent tout son itinéraire.
Leadership académique, une base solide avant la gouvernance
De janvier 2015 à octobre 2018, elle a été cheffe de département à l’Université Roi Mohammed VI. Cet épisode souligne une continuité : la direction n’est pas arrivée par accident, elle s’est construite dans la durée, au contact des institutions et des équipes. Manager un département, porter des responsabilités pédagogiques, coordonner, arbitrer, c’est déjà préparer les compétences de gouvernance qui seront requises plus tard à l’échelle nationale.
Une formation en géosciences, penser le long terme et le réel
Dr Diaka Sidibé est docteure en sciences géologiques et de la Terre, avec une formation construite à l’Université Abdelmalek Essaâdi de Tétouan, complétée par un master en ingénierie géologique, puis un doctorat. Cette base scientifique imprime un style : observer, analyser, comprendre les structures, anticiper les risques, décider à partir de faits. Dans un pays où les ressources naturelles jouent un rôle majeur, une ministre issue des géosciences porte une légitimité particulière pour relier sol, industrie, transformation et durabilité.
Ce que son parcours inspire
Son itinéraire raconte une idée simple mais puissante : l’Afrique a besoin de dirigeantes qui maîtrisent les systèmes, comprennent le terrain et savent traduire une vision en politiques publiques. Dr Diaka Sidibé montre que la science n’est pas une tour d’ivoire, mais un outil de construction nationale, à condition d’être portée par la discipline, la constance et le sens de l’impact.
Christian Bardot
