Formée à l’école de la planification et des politiques publiques, Maferima Diarrassouba incarne un leadership discret mais structurant, au service de l’État et des territoires. Son parcours, qui traverse plusieurs décennies, révèle une constante : transformer des actifs publics complexes en leviers de performance, de transparence et de développement durable. Économiste de formation, dirigeante d’institutions stratégiques, elle évolue à l’intersection de la gestion, de la gouvernance et de l’intérêt général.
La SONAPIE, piloter le patrimoine immobilier de l’État
Depuis octobre 2022, Maferima Diarrassouba préside le Conseil d’administration de la Société Nationale de Gestion du Patrimoine Immobilier de l’État. À ce poste, elle intervient sur un champ sensible et stratégique : la valorisation, la gestion et la sécurisation du patrimoine immobilier public. Dans un contexte où la rationalisation des actifs de l’État devient un enjeu majeur de gouvernance, cette fonction exige à la fois une lecture économique fine, une maîtrise des mécanismes juridiques et une capacité à arbitrer dans la durée.
Gouvernance territoriale, servir le développement local
Parallèlement, son engagement au sein du Conseil régional de la Bagoué, en tant que 2ème Vice-Présidente depuis 2023, ancre son action dans les réalités territoriales. Cette responsabilité politique et administrative lui permet de relier les grandes orientations nationales aux besoins concrets des collectivités locales, en matière d’infrastructures, d’aménagement et de développement économique. Cette double lecture, nationale et locale, renforce la cohérence de son action publique.
La Société des Palaces de Cocody, diriger dans la durée
Avant ces fonctions, Maferima Diarrassouba marque durablement l’histoire de la Société des Palaces de Cocody. Elle y gravit tous les échelons de la direction, de Directrice générale adjointe à Directrice générale, qu’elle occupe pendant plus de dix ans. Cette longévité témoigne d’une capacité rare à piloter une entreprise publique dans un environnement exigeant, mêlant enjeux économiques, image institutionnelle et contraintes opérationnelles.
Diriger une structure emblématique de l’hôtellerie publique à Abidjan suppose une maîtrise fine des équilibres financiers, du management des équipes et de la relation avec l’État actionnaire. Son passage à la tête de la SPDC illustre une gouvernance fondée sur la stabilité et la performance.
Conseils d’administration, l’influence par la supervision
Son rôle de membre du Conseil d’administration de la Société Ivoirienne de Raffinage pendant plusieurs années confirme son positionnement dans les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne. À ce niveau, l’influence ne passe pas par l’exécution quotidienne, mais par la supervision, l’orientation stratégique et le contrôle. Cette expérience renforce son profil de dirigeante capable de lire des secteurs complexes et fortement capitalistiques.
Banque mondiale et eau, une expertise panafricaine
Plus tôt dans sa carrière, Maferima Diarrassouba évolue au sein de programmes de la Banque mondiale, notamment dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. En tant que Directrice administrative et financière puis Directrice générale adjointe du Water Utility Partnership, elle participe au renforcement des capacités des sociétés d’eau en Afrique. Cette dimension panafricaine de son parcours l’expose aux enjeux de financement, de gouvernance et de durabilité des services publics essentiels.
Le BNETD, l’école de la planification et des projets
Son socle professionnel se construit au Bureau National d’Études Techniques et de Développement, où elle passe près de vingt ans comme économiste chargée d’études de projets. Cette période forge une expertise profonde en analyse économique, en montage de projets et en évaluation des politiques publiques. Elle y acquiert une compréhension fine des cycles longs, des investissements structurants et des impacts socio-économiques.
Une figure féminine de la gouvernance d’État
Dans un univers longtemps dominé par des profils masculins, Maferima Diarrassouba s’impose par la compétence, la constance et la maîtrise des dossiers. Son parcours démontre que le leadership féminin dans la sphère publique africaine s’exerce souvent loin des projecteurs, mais avec un impact durable sur les institutions, les actifs et les territoires.
Ce que son parcours enseigne
À travers ses responsabilités, Maferima Diarrassouba rappelle que gouverner, c’est structurer dans le temps. Valoriser le patrimoine public, superviser des entreprises stratégiques, accompagner les collectivités et piloter des politiques sectorielles exigent une vision de long terme, une rigueur économique et une éthique de service. Son itinéraire s’inscrit pleinement dans la mission d’Ellegagne.com : mettre en lumière les femmes qui façonnent l’excellence institutionnelle et économique en Afrique.
Christian Bardot
