Aurélia Lahoban Koffi, bâtir dans le dur et diriger sans détour dans le BTP ivoirien

Dans un secteur historiquement masculin, où la crédibilité se gagne sur le terrain plus que dans les discours, Aurélia Lahoban Koffi a choisi la voie la plus exigeante : celle de la constance et de l’exécution. Aujourd’hui Directrice générale de Lahoban Entreprise BTP en Côte d’Ivoire, elle incarne une nouvelle génération de dirigeantes qui investissent les métiers du bâtiment, de l’aménagement foncier et de l’immobilier avec méthode, endurance et vision entrepreneuriale.

Lahoban Entreprise BTP, transformer le sol en valeur durable

À la tête de Lahoban Entreprise BTP depuis 2023, Aurélia Lahoban Koffi pilote une structure spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. Construction et réhabilitation de maisons, conception de plans 2D et 3D, réalisation de maquettes, mais aussi aménagement foncier, reprofilage de routes, pose de pavés, de caniveaux, de bordures et de dalots composent le cœur de l’activité. À cela s’ajoutent des prestations liées au foncier, au lotissement, à l’ouverture de voies et à la gestion immobilière.

Ce positionnement traduit une compréhension fine des besoins urbains et périurbains en Côte d’Ivoire, où la croissance démographique, l’urbanisation rapide et la pression foncière exigent des opérateurs structurés, fiables et capables d’intervenir sur toute la chaîne de valeur.

Diriger dans le BTP, une affaire de rigueur et de crédibilité

Dans le BTP, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit à travers la qualité des livraisons, le respect des délais, la gestion des équipes et la capacité à tenir des engagements financiers et techniques. En assumant pleinement son rôle de directrice générale, Aurélia Lahoban Koffi s’inscrit dans cette logique de leadership opérationnel, où chaque chantier est un test de crédibilité et chaque client un partenaire de long terme.

De MTN au BTP, la discipline des processus comme fil conducteur

Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, elle passe plus de quinze ans chez MTN Côte d’Ivoire, où elle évolue dans la gestion des réclamations, le recouvrement et le service client. Cette expérience, souvent sous-estimée, constitue pourtant un socle stratégique. Elle y développe une culture de l’amélioration continue, de la gestion des processus et de la relation client, des compétences directement transposables à la conduite de projets complexes dans le BTP.

Gérer des réclamations, traiter des situations sensibles, résoudre des litiges et maintenir la satisfaction dans un environnement à forte pression forge une posture managériale solide. Cette école du terrain explique sa capacité à structurer son entreprise et à maintenir un niveau d’exigence élevé.

Passer du service à l’infrastructure, un changement de dimension

Le passage du secteur des télécommunications à celui du BTP n’est pas une rupture, mais une extension. Là où MTN traite des flux, des clients et des processus, le BTP engage des ressources matérielles, humaines et financières lourdes. Dans les deux cas, la réussite repose sur l’anticipation, la coordination et la discipline. Aurélia Lahoban Koffi applique ces principes à des projets visibles, concrets et structurants pour les territoires.

Entrepreneuriat féminin et légitimité dans un secteur masculin

Diriger une entreprise de BTP en tant que femme implique de dépasser les stéréotypes dès le premier rendez-vous. Il faut prouver deux fois plus la compétence technique, la capacité de négociation et la solidité financière. Le parcours d’Aurélia Lahoban Koffi montre que cette légitimité se construit par les actes, la maîtrise des dossiers et la présence constante sur le terrain, là où se jouent réellement les décisions.

Une vision ancrée dans la réalité ivoirienne

Son entreprise s’inscrit dans un contexte local précis, celui d’une Côte d’Ivoire en transformation, où les besoins en logements, en infrastructures routières et en aménagement urbain ne cessent de croître. En structurant une offre polyvalente et adaptée, elle répond à une demande réelle, loin des effets de mode, et contribue à façonner l’espace économique et social.

Ce que son parcours inspire

Aurélia Lahoban Koffi rappelle que l’entrepreneuriat féminin ne se limite pas aux secteurs perçus comme “accessibles”. Il peut aussi s’imposer dans le béton, la voirie et les chantiers lourds, à condition d’allier rigueur, persévérance et vision long terme. Son parcours incarne une Afrique qui construit, au sens propre comme au sens figuré.

Christian Bardot

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *