Mariama NDIAYE, la voix qui apprend à l’Afrique de l’Ouest à faire la paix avec l’argent

Dans l’écosystème entrepreneurial de Dakar, peu de trajectoires racontent aussi bien la bascule d’une génération vers l’indépendance financière que celle de Mariama NDIAYE. Elle n’a pas seulement lancé une plateforme. Elle a installé un langage. Celui d’une jeunesse qui gagne parfois tôt, dépense souvent vite, et découvre tard que l’argent n’est pas un tabou mais une compétence. Depuis 2020, en tant que CEO et fondatrice de The Uptribe, elle construit une réponse africaine, simple et structurée, à une question universelle : comment apprendre à gérer avant de subir.

The Uptribe, faire de la finance personnelle un réflexe de millennial

Née à Dakar, The UpTribe s’est imposée comme l’une des plateformes de finances personnelles les plus visibles pour les millennials en Afrique de l’Ouest. L’idée centrale est limpide : démocratiser les bonnes pratiques financières avec un ton accessible, engageant et sans jugement. Sur la plateforme, la pédagogie prend plusieurs formes, allant de cours de finances personnelles à des sessions de mentorat en tête-à-tête, en passant par des articles, du contenu audio et une communauté pensée comme un espace de soutien plutôt que comme une salle de classe.

Autour de Mariama NDIAYE, l’ambition se traduit par des objectifs concrets qui parlent au quotidien des jeunes actifs : sortir de l’endettement, reprendre le contrôle, épargner avec méthode, investir avec discernement, puis construire une richesse durable. Dans des économies où le coût de la vie s’accélère, où les revenus peuvent être irréguliers et où la pression sociale pèse sur chaque décision, cette promesse prend une dimension presque politique.

Une approche “sans honte”, au plus près des réalités africaines

Ici, le sujet n’est pas seulement de “mieux gérer”. Il s’agit de transformer un rapport culturel à l’argent. Dans beaucoup de foyers, on apprend à travailler, rarement à budgéter. On apprend à aider, rarement à se protéger. On apprend à consommer, rarement à investir. Mariama NDIAYE s’inscrit dans cet angle mort et le rend visible, en rappelant que l’intelligence financière n’est pas réservée à une élite bancaire.

Son style fait partie de la méthode. Elle dédramatise, vulgarise, puis structure. Elle parle dettes, épargne, objectifs, arbitrages, sans culpabiliser. Elle remet aussi la conversation au bon endroit : gérer l’argent n’est pas une question de moralité, c’est une question d’outils, de discipline et de trajectoire.

Du terrain financier à l’entrepreneuriat, la crédibilité par l’expérience

Avant la notoriété des contenus et des masterclass, il y a eu les bases. Formée en comptabilité et gestion financière, Mariama NDIAYE a évolué dans des environnements où les chiffres ne pardonnent pas. Elle passe notamment par des expériences liées à la gestion comptable et à la préparation des clôtures, mais aussi par des immersions dans la finance de proximité et la gestion des risques, au contact de la réalité du crédit et du recouvrement.

Ce détour par le terrain est décisif. Il façonne une lecture concrète des comportements financiers. Il explique aussi pourquoi son discours ne flotte pas dans le conceptuel : chez elle, l’éducation financière n’est pas une tendance, c’est un système de survie et de progression.

La dimension EdTech et la force de la communauté

À l’heure où l’apprentissage se fait autant sur mobile que dans une salle, Mariama NDIAYE s’inscrit dans une dynamique où l’EdTech devient un accélérateur d’inclusion. Sa présence dans des programmes et écosystèmes qui valorisent l’innovation éducative souligne un point clé : transmettre les bons réflexes financiers, c’est aussi réduire des inégalités invisibles, celles qui se jouent dans la compréhension des intérêts, des crédits, de l’épargne, des protections.

Chez UpTribe, la communauté n’est pas un “bonus”. Elle devient un mécanisme de continuité. Elle permet de tenir dans la durée, là où la plupart des bonnes résolutions financières meurent après deux semaines. Elle donne aussi une preuve sociale, essentielle pour des jeunes qui apprennent souvent seuls, sans repères familiaux ou scolaires.

Des programmes internationaux, une légitimité qui dépasse les frontières

Son parcours se renforce avec des expériences de leadership et de reconnaissance internationales. Elle est notamment associée à des programmes qui mettent en avant les jeunes leaders africains et l’entrepreneuriat, ce qui confirme une capacité à porter une vision au-delà du Sénégal. Ce type d’exposition compte : il ouvre des réseaux, consolide une crédibilité, et place l’éducation financière au rang de sujet stratégique, pas seulement éducatif.

Certifier l’éducation financière, transformer un talent en métier

L’un des marqueurs forts de Mariama NDIAYE est la professionnalisation de son expertise. Elle ne se contente pas d’inspirer. Elle se certifie, se forme, et structure son intervention comme un métier à part entière, avec des accréditations et des certifications orientées finance personnelle, planification financière et pédagogie. Dans un continent où l’informel domine encore une grande partie des décisions financières, cette rigueur crée un standard et rassure.

Une ambassadrice de l’autonomisation, surtout pour les femmes

Son engagement va au-delà de l’entreprise. Dans des initiatives de mentorat, de coaching et d’accompagnement, elle défend l’idée que l’autonomie financière est une condition de liberté, en particulier pour les femmes. À travers des interventions publiques et des programmes de formation, elle porte un message simple : gagner de l’argent compte, savoir le gérer change une vie.

Ce que son parcours dit de l’Afrique qui arrive

Mariama NDIAYE incarne une Afrique urbaine et connectée, prête à consommer mais surtout prête à apprendre. Elle incarne aussi une Afrique qui comprend que l’éducation financière est une infrastructure invisible, aussi importante que l’accès à Internet. Son travail replace l’argent dans le champ du savoir, et le savoir dans le champ du pouvoir.

Christian Bardot

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